Kemtaan : Kiné Aw (à la Galerie Le Manège)
Que l’on ne s’y trompe pas. Si kemtaan, en Wolof, peut signifier « extraordinaire », il n’est pas question de coller ce superlatif au travail de Kiné Aw. Le mot, ici, doit être pris dans le sens de la surprise, de l’émerveillement, de la chose qui sort de l’ordinaire. Déjà parce qu’en 15 ans de carrière, la peintre, habituée à se frotter aux grands formats de toile ou au fusain sur papier, a décidé d’utiliser ce dernier support d’une façon inédite dans sa pratique. Un corpus d’une vingtaine d’œuvres récentes forme le cœur de cette exposition qui n’est pas ordinaire, elle non plus, puisque c’est la première exposition monographique et personnelle de la plasticienne au Sénégal.
Wallbeuti : Mabeye Deme (à l’espace Trames – Les Murs)
« Il y a un appareil photographique / Caché dans ma cage thoracique / A peine voilé / Par la tente de la peau ». C’est par ces mots du poète américain Saul Williams, que s’ouvre le livre de Mabeye Deme, Wallbeuti. C’est bien à voir l’envers du décor que nous convie le photographe, qui, depuis 2014, photographie à travers des toiles de toute sorte. Elles passent Dakar au filtre pastel, nous emmenant irrésistiblement du côté de la nostalgie. Avoir choisi l’espace « Les Murs » de l’Espace Trames pour cette exposition n’est pas un hasard. Entre le brut des murs nus et le rappel à la texture du textile, l’écho au travail photographique de Mabeye Deme sonne comme une évidence.
Loman Art célèbre ses dix ans de créations artistiques. Une carrière qui a commencé par une vision et qui s’est concrétisée au fil du temps et de ses réalisations artistiques, portée par Loman Pawlitschek et appuyée par l’équipe qu’elle a formée. La principale source d’inspiration de Loman est la ville de Dakar : son multiculturalisme, sa diversité, son dynamisme et sa richesse de couleurs. C’est ainsi que, entourée par les textures, les pigments et les contrastes, Loman imagine des tableaux en trois dimensions juxtaposant peinture et métal sculpté, qui forment aujourd’hui le cœur de son art.
Également profondément émue par l’ébullition et les changements constants de la ville, elle cherche à les recréer dans sa série d’œuvres d’art appelé « Citylines » représentant divers points de repère de Dakar, esthétiquement agencées sous forme de ligne. Enfin, les mobiles présentés en suspension et ornant l’espace rappellent ses débuts artistiques et reflètent de manière abstraite l’éclectisme de cette ville magique. A travers ses œuvres d’art, Loman souhaite inspirer un espoir et nous faire retrouver une beauté, une positivité et une joie de vivre, récemment éclipsées par les circonstances actuelles de pandémie Covid-19.
Ndoye Dout’s n’en finit pas de nous émouvoir depuis plus de 20 ans ici et ailleurs. La liste est longue des lieux où l’artiste a exposé. Il nous fait l’honneur de venir exposer à La Galerie Antenna pour ce Partcours number 9. Oui, nous continuons à être submergés par la ville aux mille et une couleurs, mille et une formes où rues et avenues, qui, telles des tuyaux inondent l’espace de ses voitures goutte à goutte. En haut, en bas, à droite ou à gauche l’effet kaléidoscope nous transporte en apesanteur comme dans le 5° élément. Les voitures papillons parechoc contre parechoc font fi des gestes des Alcati aux bras trop longs… 2 voies, 3 voix, 4 voies… jamais assez pour passer. Miro peut dormir tranquille, Dout’s est là…. Ses pinceaux sont à ses tableaux ce que la plume est aux livres, un outil de l’émotion au service de l’émerveillement. En raison du Covid-19 aucun vernissage n’est prévu. Le port du masque est obligatoire au sein de la galerie et les gestes barrières devront être respectés.
En cette année très particulière, où le chemin est chaotique, hasardeux et l’imagination fertile, la Galerie Arte a laissé carte blanche à cinq artistes et un designer. Ils s’expriment et se baladent autour de « l’insolite », tant par le choix du traitement des sujets qui sont souvent des personnages, que celui des matériaux utilisés. Les techniques sont diverses : la peinture acrylique (Kon-T, Fodé Sidibé), le graphisme sur plexiglas ou sur verre (Papa Samba Dia), la peinture, les perles et autres matériaux (Lobé Ndao), le fer (Bamassi Traoré), le bois de dimb (Balla Sidibé). Les œuvres très originales de ces jeunes artistes sénégalais reflètent le talent de leur génération et sont empreintes d’énergie et d’optimisme, vertus capitales pour amorcer avec esthétique l’année 2021.
Ibrahima Cissé, que l’on surnomme « Déb’s », est lié à l’atelier Céramiques Almadies par le Partcours. Artiste autodidacte et discret, initié aux mélanges de couleurs par une longue pratique professionnelle du Batik (technique d’impression d’étoffe par pigments naturels pratiquée à la cire), il utilise aujourd’hui de la peinture acrylique, du pastel, du fusain et de la craie. Découvert en 2017 au Centre Culturel Maurice Gueye de Rufisque pour le Partcours 6, il est sélectionné pour exposer à l’événement « Ca Kanam » au Siège de Eiffage Sénégal. En décembre 2018, il exposera quatre toiles à l’atelier Céramiques Almadies lors du « Deuxième Salon des Jungles urbaines » pour le Partcours 7. Un an plus tard, il fait partie de la sélection de l’exposition « Fent Bokk », au Musée de l’IFAN sous le commissariat du Pr. El Hadj Malick Ndiaye. Pour cette 9e édition du Partcours, Ibrahima Cissé présente le résultat d’une année de travail : s’émancipant d’une longue recherche sur le thème surnommé « abstraction géométrique », il affirme ici un style nouveau avec une série d’œuvres en grand format. C’est la première exposition personnelle de l’artiste après 10 années de pratique, pour une carrière qui ne fait que commencer…
La porte, « bunt » en Wolof, est un symbole riche qui parle naturellement à chacun de nous. Elle représente un passage entre deux états ou deux mondes, l’opposition entre l’intérieur (privé) et l’extérieur (public). Elle marque également le début et la fin d’une histoire. Même symbolique, elle permet de s’affranchir des limites naturellement imposées par l’Espace et par le Temps. Fermée, elle isole ou protège. Ouverte, elle conduit vers un ailleurs. La porte ouvre sur un nouvel horizon, elle invite à l’exploration et à la découverte. En franchissant celle du Waru Studio nous vous invitons à un voyage à la croisée de deux mondes, celui de Chase Mullins, un artiste canadien qui depuis son arrivée au Sénégal et après avoir exploré les quartiers de la capitale a développé une fascination pour les portes de Dakar et leur symbolique ; et celui de Fatou Kandé Senghor, artiste pluridisciplinaire, qui avec ses installations propose une immersion dans la mythologie traditionnelle, un monde des possibles comme un passage entre le royaume de l’enfance et celui de l’âge adulte.